40 ans de Ventoline

“j’ai commencé la ventoline à cinq ans”

Voici un cas assez étonnant qui illustre bien la démarche homéopathique face à un maladie chronique comme l’asthme.

Aurélie vient d’avoir 45 ans quand elle vient me consulter en août 2016. Les crises d’asthme d’Aurélie ont débuté à à l’âge de trois ans. A cinq ans elle a commencé a prendre de la Ventoline régulièrement et elle ne s’est jamais arrêtée depuis.

Aurélie était une grande sportive. Entre l’âge de 30 et 40 ans, elle faisit encore du marathon dans le monde entier. A partir de 40 ans, ses capacités respiratoires se sont progressivement détériorées. Depuis quelques temps, même en augmentant les prises de Ventoline, elle n’arrive plus à courir. Maintenant elle est obligée de s’arrêter après une petite marche rapide pour reprendre son souffle. Le moindre effort physique la font tousser et lui donne l’impression d’étouffer.  Un médecin consulté récemment lui avait a proposé un inhalateur stéroïde, mais elle préférait éviter ce genre de médicament si possible. « J’aimerais arrêter la Ventoline, je sais que ce n’est plus bon pour moi » raconte Aurélie.

Il faut prendre en  compte la tendance à faire de l’asthme

Pour traiter la maladie en profondeur, l’homéopathe va tenir compte des causes. On peut, par exemple, développer des troubles respiratoires après l’exposition à la cigarette, à un vaccin, ou à un choc émotionnel. Dans de nombreux cas, l’asthme est un phénomène d’hyperréactivité des bronches et des poumons accompagné d’allergies et/ou d’eczéma. Le traitement homéopathique va alors intervenir au niveau de terrain individuel. Il ne suffit pas de soigner les symptômes de l’asthme (comme la toux et l’essoufflement). Il faut aussi tenir compte de la tendance à faire de l’asthme.

Le traitement d’Aurélie comprend trois types de remèdes

Le cas d’Aurélie est particulier pour trois raisons :

  1. Usage extrêmement prolongé d’un bronchodilatateur

  2. Aucune allergie détectée, les crise d’asthme surviennent après l’effort

  3. Pas de cause apparente, Aurélie avait 3 ans et ne se souvient pas des circomstances qui entourent l’apparition de l’asthme

Le traitement homéopathique va prendre en compte ces trois particularités et utiliser 3 types de remèdes :

1 – Des remèdes pour drainer et renforcer les voies respiratoires

Aurélie désire arrêter la Ventoline après 40 ans d’utilisation régulière. Le sevrage doit donc être prudent et progressif. Dans un premier temps, le traitement homéopathique est administré conjointement au traitement classique, en coordination avec le médecin traitant.

40 ans de Ventoline, cela laisse des traces !

Il va falloir faire un travail de drainage et un travail de réparation. D’un coté on va désintoxiquer le médicament en administrant, entre autre, de la Ventoline à dose homéopathique de 30CH. De l’autre côté on va utiliser des remèdse (Aspidosderma et Sambuca dans son cas) à très basse dilution, voir en teinture mère, pour nourrir et renforcer les bronches et les poumons. Il faut rappeler que l’usage prolongé d’un bronchodilatateur tend à rendre les voies respiratoires plus rigides. Les bronches ont tendance à perdre de leur souplesse après avoir été élargies à répétition. C’est un peu comme un élastique que l’on étire trop souvent et trop longtemps. Il a tendance à perdre de son élasticité après un certain temps.

2 – Des remèdes qui vont progressivement remplacer la Ventoline

Contrairement à ce que l’on peut penser, il existe un grand choix de remèdes homéopathiques capables d’enrayer une crise d’asthme. Comment Aurélie vit-elle son asthme ?Les crise d’Aurélie surviennent aussi la nuit. Elles sont accompagnées d’angoisse et sont plus intenses que les crises provoquées par l’effort. En notant tous les symptômes physiques et émotionnels d’Aurélie, on va pouvoir trouver un « bronchodilatateur homéopathique » approprié à sa personne (un mélange de Lobelia, Oxygenum et Adrenalin). Le bronchodilatateur homéopathique est à prendre en cas de crise d’asthme et aussi en prévention, avant le sport par exemple. Il n’exclue en aucun cas l’usage de la Ventoline qui doit toujours rester à portée de main. Le remède homéopathique remplace progressivement la Ventoline au rythme décidé par le patient et en accord avec son médecin traitant.

3 – Un remède de fond pour renforcer l’immunité et aider le corps à se guérir lui-même

Aurélie ne connaît pas le facteur initial déclencheur de l’asthme puisqu’elle n’avait que trois ans à l’époque. Ses crises ne sont pas liées à des allergies et elles surviennent aussi la nuit. Elles sont accompagnées d’angoisse. De plus Aurélie se décrit elle-même comme “une angoissée de nature”. Sa sensibilité émotionnelle, sa physiologie, et son état physique général vont permettre de cibler un remède global qui correspond non seulement aux symptômes asthmatiques mais à toute sa personne. Dans le cas d’Aurélie il s’agit d’Arsenicum Album. Ce remède sera administré beaucoup moins souvent que les autres remèdes, à raison d’une dose toutes les deux semaines.

Un résultat inattendu

Comme Aurélie était sur le point de partir en vacances, je lui ai conseillé de suivre le traitement pendant 6 semaines, au lieu des quatre semaines habituelles. Avec 40 ans de Ventoline derrière elle, j’avais prévenu Aurélie que nous nous embarquions probablement dans un traitement de longue durée, à raison d’une fois par mois à peu près. Et c’est là où son cas est tout à fait étonnant. Une fois revenue de vacances, Aurélie m’a annoncé qu’elle avait bien suivi le traitement et qu’elle n’utilisait plus du tout de Ventoline. Les crise d’asthmes s’étaient beaucoup espacées et que le « bronchodilatateur homéopathiques » lui suffisait. Après quarante ans de Ventoline et d’asthme chronique, c’était tout à fait inattendu. l’Homéopathie, même après des années de pratique, réserve toujours belles surprises !

2017-04-02T11:35:24+00:00